LÉCOT Christophe

LÉCOT Christophe LÉCOT Christophe

« Internautes, Internautes et Internautes, je vous salue ! »

Qui que vous soyez et quelle que soit la raison de votre présence ici je vous remercie d'abord de visiter mon site et ensuite de vous intéresser à moi ! Si toute fois vous avez commis un clic maladroit sur le mauvais lien, je ne vous tiendrai pas rigueur de retourner sur vos pas car cette page ne s'adresse qu'à d'éventuels recruteurs/recruteuses, quelques journalistes avec un reste d'éthique professionnelle ou une poignée de curieux.

Ainsi Tout A Commencé…

Comme j'ignore parfaitement ce que vous souhaitez découvrir en parcourant ces lignes, je vous dis tout ! Mais pour un parcours de vie condensé, visez plutôt le bouton CV (ci-contre ou ci-après, suivant le format de votre écran).

Je n'ai aucune responsabilité dans les évènements qui se sont produits aux environs de la fin novembre 1983, cependant il en a résulté ma mise au monde et mon inévitable rencontre avec l'entropie le vendredi 03 août 1984 à 11h30 – l'heure de manger. Les instants qui suivirent – jusqu'en 1987 – ne m'auront finalement laissé que peu de souvenirs et beaucoup de confusion. Néanmoins, je dois à l'une de mes sœurs, de trois ans mon aînée, qui repassaient ses leçons le soir avec ma mère, d'avoir su lire dès 3 ans. Je me souviens de moments peu glorieux mais aussi d'avoir dessiné au feutre un Père Noël dans les nuages, qui resta placardé aux murs de la classe de grande section de maternelle de Caumont L'Éventé durant des années, même après que je l'ai quittée, comme preuve des chefs-d'œuvres que peuvent réaliser des enfants de cinq ans. Et je me rappelle les préparatifs des mardis gras, de ma mère et de mon père qui combinaient leurs efforts pour faire de trois bouts de cartons un chapeau de Zorro, ou encore de mes sœurs qui tressaient de la laine pour faire une queue de lion. Oh et cette nuit ! La première des grandes vacances. Depuis quelques semaines, une télévision couleur remplaçait le minuscule téléviseur noir&blanc dans le salon. Sur Antenne 2, une nuit spéciale de programmes jeunesse a été diffusée directement dans la chambre que je partageais avec ma sœur, sur le petit écran monochrome. Je sais qu'à un moment, je me suis endormi. Mais quelle expérience !

La Nuit Est Un Second Jour

Ah ! Insomnie quand tu nous tiens ! Jusque très tard, il fallait un parent pour protéger chacun de mes flancs si l'on voulait que je dorme. Ensuite, c'est ma sœur qui me servit de bouclier contre les éventuels assaillants nocturnes durant quelques années de plus. Mais à partir de sept ans, je me retrouvais bien malgré moi livré à la solitude de cette immense chambre. M'endormir ne fut jamais un problème, je crois. Le réveil, en revanche, survenait trois à quatre heures après l'endormissement et débarrassé de toute fatigue, je devais patienter jusqu'au matin avec mes livres pour seule compagnie. Ce fut une période où j'envisageais d'entrer dans les ordres. Plutôt que de m'inscrire au catéchisme, ma mère me recommanda la lecture de La Bible. Cet infâme pavé pour un enfant de sept ans balaya toute velléité d'un jour occuper la cellule d'un monastère. Mais ma soif de lire était intacte. J'aimerais vous dire que c'était ma seule distraction mais à la vérité, je guettais sur les diodes du radio-réveil qui me suit encore aujourd'hui à mon chevet, l'heure fatidique à laquelle FR3 diffusait les premiers dessins-animés du jour. Avant même ma non-rencontre avec la foi, je devais faire l'expérience d'une non-rencontre avec la politique en novembre 1989. Je me souviens ce matin-là : je descends sur la pointe des pieds, j'allume la télévision, le son très bas pour ne pas troubler le sommeil de toute la famille à l'étage. Je crois m'être levé trop tôt d'abord, mais les minutes passent puis une heure, … Je remonte et secoue le bras de ma mère endormie : « Y'a pas de dessins-animés ! … » , je lui souffle, veillant à ne pas réveiller mon père. Évidemment, elle ne pouvait rien y faire : un mur était tombé quelque part dans le monde et la catastrophe méritait qu'on lui consacre des reportages et des flashs spéciaux au détriment du plaisir des enfants.

Je ne manquais pas de jouets mais en dehors de Noël et des anniversaires, il fallait casser sa tirelire pour en acquérir de nouveaux. Par contre, chaque fois que j'accompagnais ma mère le mercredi au super marché, je pouvais repartir avec un livre. C'est à l'une de ces occasions, qu'en 1991, j'acquiers Le Tombeau du Vampire publié par Folio Junior, dans la collection Un Livre Dont Vous Êtes le Héros. Le monde venait de basculer.

Voilà des mois que je parcourais un livre, une bible (La Bible) sans passion. J'avais néanmoins atteint les derniers passages, même si je ne pense pas avoir tout compris de ce que j'y ai lu. Et sans transition, voilà que je me retrouvais à pousser le portail d'un manoir maudit ! Le libre arbitre n'était plus une sorte d'illusion punitive dans le grand plan d'une Entité omnisciente. Je pouvais essayer, explorer, … perdre et recommencer. Recommencer. Tricher contre un mauvais hasard. Recommencer et recommencer. Et délivrer le monde d'une créature impie. J'ai rejoué ce livre chaque nuit, et chaque jour aussi. La semaine suivante, je devenais un Loup Solitaire.

La Myriade Des Solitaires

Dès la Noël 1992, un appareil fait son entrée dans notre domicile pour concurrencer la Nes et l'imbattable boss final de Zelda II : The Adventure of Link ; il s'agit d'un IBM PS/1. Les jeux en .BAT du système d'exploitation MS-DOS 6.22 étaient amusants mais les point&click autour de quelques tentacules étaient passionnants. Dave n'a jamais délivré Sandy – pas avec moi – mais Bernard et ses amis ont assez voyagé dans le temps pour que je ne manque aucune animation, aucune réplique, … Les énigmes de Lucas Art ont enchanté ma jeunesse entre deux lectures. Je me rappelle parfaitement une Nième réinstallation de Windows 95 quelques années plus tard, assez longue pour lire d'une traite Robinson Crusoé sans m'éloigner de mon ordinateur.

C'est d'ailleurs en 1995 que nous sommes devenus les premiers à Caumont l'Éventé, je crois bien, à accéder aux Internets. L'outil était nouveau et je m'y suis empressé de créer mon premier site web. Un site mirifique utilisant toute une panoplie de GIFs animés que je fabriquais moi-même avec Paint Shop Pro et un petit logiciel dont le nom m'échappe aujourd'hui. Jouer, écrire, créer ! Voilà déjà quelques années que je voulais être écrivain, ou scénariste – pour le cinéma, d'abord : le prestige ; pour la télévision ensuite : cela paraissait plus abordable ; pour l'industrie vidéo-ludique enfin quand m'est tombé dans les mains en guise de soluce le scenario de Shadow of the Comet – et quelque part dans mes années collèges, j'ai écrit ma première pièce de théâtre : une sorte d'expérience live ZAZ extrêmement mal écrite. Si bien que les Mômes du Coing ne la joueront pas. Au lieu de ça, j'incarnais le cambrioleur dans la comédie Le Cambrioleur mise en scène par Betty Marlone – je pense souvent à elle.

Mais nous étions trop peu et la santé de Betty a décliné, les Mômes du Coing ont poursuivi leurs trajectoires chacun de leur côté. C'est de cette expérience que je tire la conviction que le théâtre rural – et amateur – a une vraie valeur sociale. Je pouvais parler d'informatique avec mon ami Benoît. Je côtoyais les frères Sénéchal au club de Gymnastique – sur une cinquantaine, nous n'étions alors que trois élèves à frayer avec les anneaux, la barre fixe, les barres parallèles sans jamais monter sur une poutre. J'ai su inspirer deux ou trois camarades pour breaker dans la cour de notre école. J'ai fait du roller – c'était la mode à l'époque – avec Alexandre et Mathieu. Nous étions en quatrième quand Mathieu est décédé d'une tumeur au cerveau. J'ai skaté seul. Et le soir, entre la fin des cours et le souper, je m'entraînais seul à ce qui deviendra le Parkour : l'art du déplacement, la discipline des Yamakasi – c'était la mode à l'époque.

Et partout autour de moi, dans les campagnes, il y avait des gens avec les mêmes passions qui se sentaient aussi seuls, isolés, marginalisés que je l'étais. Et nous nous ignorions tous : une myriade de solitaires.

Le Chœur A Ses Raisons

L'été 1999 fut fertile. Matrix : le meilleur film du monde cet été-là enjoint tout un chacun à se libérer mais ne provoque aucune vague sociale car selon mon analyse, les récits messianiques confinent à l'attentisme des masses – et moi-même, je n'ai fomenté aucune rébellion. Karl Marx : mes lectures m'intègrent à la classe laborieuse des prolétaires de tous pays, … Et quand vient septembre, j'intègre la seconde B au Lycée Polyvalent Marie Curie de Vire pour ses cours de cinéma-audiovisuel. Des propos même de nos professeurs, il y a rarement eu de classe plus unie, soudée, ni une telle connivence entre les élèves de cinéma et ceux de théâtre – puisque nous partagions la même classe.

Un Nouveau Souffle Pour L'Avenir

Tout cela me conduit à penser que bientôt, au hasard des occasions, je bâtirai un théâtre de campagne très inspiré du Théâtre de l'Univers, qui s'appellera L'Orage.